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Les
Diacres
Appelé à être diacre
Le diaconat, un homme au milieu du monde,
témoins du Christ-serviteur.
Dès
les premiers temps de l'Église, les apôtres choisissent "sept hommes
remplis de l'Esprit Saint" pour le partage des tâches et pour
une plus grande attention aux besoins de la Communauté, en particulier
"le service des tables" qui est à la fois celui de la table
eucharistique et celui du partage. ' Acte Ch.6)
Ils étaient les précurseurs d'un ministère nouveau dans lequel les
diacres aiment à se reconnaître. Ils sont, aux premiers siècles, les
collaborateurs immédiats de l'Évêque, principalement chargés du service
des pauvres (malades, étrangers, veuves et orphelins ) mais aussi
de l'annonce de l'évangile et d'une participation à l'Eucharistie.
Mais entre les 7ème et 8ème siècles, le diaconat devient plus liturgique
et se transforme peu à peu en simple étape vers le presbytérat. Il
faudra attendre le XXème siècle et le concile de Vatican II pour voir
la restauration du diaconat permanent "non en vue du Sacerdose,
mais en vue du Service" dans la triple "diaconie" de la
Charité, de la Parole et de la Liturgie en communion avec l'évêque
et son presbytérium. Le diaconat est restauré en France en 1968, et,
dans notre diocèse, le premier diacre est ordonné en 1988.
Un cheminement par étape
Être diacre, ce n'est pas une démarche personnelle, c'est répondre à un appel,
c'est dans un premier temps répondre à la question : "est-ce que
tu acceptes de réfléchir sur ce qu'est le diaconat ?". Si le couple
consent, il participera pendant 1 ou 3 ans à un groupe destiné principalement
à être informé sur le diaconat, c'est la période de discernement.
Après cette période, si le couple est toujours d'accord pour poursuivre,
commence alors une formation sur 4 ou 5 ans. Cette formation est spirituelle, pastorale, intellectuelle, social et humaine. Les programmes
reprennent, de manière souple, des temps de réflexion sur l'Église
et sa signification, les essentiels de la foi ; les sacrements et
les rituels pour assurer la prière de l'Église, l'articulation entre ministère ordonné et mariage et la présence des femmes dans l'église.
Le discernement se poursuit durant ses années avant l'ordination.
Le couple est suivi par une équipe d'accompagnement représentative
de son milieu de vie et d'église. Son rôle est d'aider au discernement
de la vocation diaconale et de proposer des pistes de mission. Chaque personne est incité à avoir un accompagnement spirituel.
Vivre le diaconat en couple, en
famille
Chaque étape, chaque formation est suivie en couple. Une volonté forte.
"C'est important de le faire ensemble, dit une femme de diacre,
car la formation nous fait cheminer, ça nous touche en profondeur.
Être ensemble, ça nous permet d'échanger et de grandir ensemble, il
n'y a pas de décalage". La réponse est unanime, c'est une force
pour avancer ensemble vers quelque chose que l'on ne connaît pas.
Il reste que pour les enfants, ce n'est pas toujours facile à vivre.
Pour se lancer dans le diaconat, il faut que les enfants soient d'accord,
il le font par écrit (pour les jeunes encore à la maison ). "Cela
entraîne souvent de bonne discussion, dit une femme, des discussions
en profondeur sur l'engagement, sur le regard que l'on porte sur l'Église,
l'autre, le couple.". "Ma fille avait peur pour moi, dit une mère,
elle avait peur que nous ne vivions plus notre sexualité comme
avant, du fait de voir mon mari célébrer en aube". Les questions
différent avec l'âge : "ma fille ne voulait pas d'un père curé,
dit ce diacre, elle n'aime pas trop qu'on lui parle de son père
diacre".
Quant à la place de la femme, elle reste ambiguë. Elle suit la même
formation que son mari, mais seul le mari sera reconnu, ordonné diacre
et recevra une lettre de mission. Un diacre, qui accepte en cas de
décès de l'épouse de ne pas se remarier. Mais cela n'a pas l'air de
gêner les 8 épouses de notre diocèse qui se sentent "libre et impliquée".
"Il n'y a pas de règles, dit l'une d'elle, pour notre implication,
cela se fait naturellement, ça fonctionne comme dans en couple. Pour
l'accueil des couples pour la préparation au baptême ou pour le mariage,
nous le faisons ensemble, parce que cela nous semble normal, mais
pour ses autres activités, il est seul"."Ma femme m'a beaucoup
aidé au début, témoigne un diacre, j'étais un peu perdu et
inquiet, je ne savais pas comment me positionner. Elle était très
présente et me soutenait. Aujourd'hui, elle est plus en retrait".
Être signe du Christ serviteur de Dieu et des hommes dans le monde
En effet, trouver sa place lorsque l'on devient diacre, n'est pas
toujours facile. Missionné par l'évêque pour un service au
plus pauvres ou en marge, dans le monde. Le diacre concerve toute possibiltés de responsabilité dans la vie sociale, syndical, familiale, culturelle et politique. Le diacre est aussi appelé pour l'annonce
de l'évangile et la participation à l'Eucharistie dans sa communauté
locale. C'est souvent là, dans son lieu de vie, qu'interviennent quelques
problèmes. Comment s'impliquer sans prendre la place des laïcs, mais
aussi sans être le remplaçant du prêtre. "Les laïcs ont tendance
à croire que nous allons résoudre tous les problèmes de manque,
dit un diacre, ce n'est pas notre rôle. Il faut savoir lancer les
choses, appeler des baptisés à prendre des responsabilités et puis
se retirer discrètement"."Nous sommes signes, enchaîne un autre,
nous sommes là pour écouter et faire exister des personnes en marges.
Sans nous, l'Église, la structure, peut fonctionner. Le diacre est
signe d'un service gratuit. C'est se donner aux autres après avoir
été appelés."
Pour s'aider mutuellement dans la mission, le groupe de diacre, accompagné
de leurs épouses et du comité diocésain du diaconat, se retrouvent
tous les 2èmes lundi de chaque mois à Châtenois-les-Forges. Un temps
de prière et d'échange important, qui aide à prendre du recul, à poursuivre
son cheminement et à réfléchir sur soi, sa famille, sa mission et
le monde. Un lieu ouvert à ceux qui souhaitent les rencontrer.
L'avenir
du diaconat
Une question reste en suspend et qui revient souvent, notamment chez
les postulants : y aura-t-il un jour des femmes diacres ? Ce ministère
conféré à des femmes par imposition des mains à existé dans les premiers
siècles de l'Église. La Commission théologique internationale doit
bientôt publier ses conclusions sur la question. Permettre leur ordination
serait significatif d'un souci porté par toute l'Église d'être au
cour de ce monde le signe de la compassion maternelle du Père et de
prendre acte de la place que tiennent, de fait, aujourd'hui, bien
des femmes dans nos communautés.
En attendant que des décisions soient prises, l'équipe de diacres
de notre diocèse, en accord avec l'évêque, demande aux
paroisses et aux mouvements d'appeler des personnes de toutes conditions de vie au diaconat -
comme au temps des premières communautés qui appelaient leur diacre.
Les besoins sont importants et la mission est vaste. Il y a des "terroirs
à défricher" ou a révéler : auprès des jeunes, dans les quartiers,
en rural, auprès des étudiants et dans l'initiation à la foi. A travers
les tâtonnements, les recherches, sachons accueillir le diaconat comme
un don de Dieu, une grâce, une chance pour le monde et pour l'Église
d'aujourd'hui. Sachons appeler pour "cette chouette aventure"
comme le dit cette femme de diacre. Etant appelé pour être signe du Christ serviteur dans tous milieu social, les diacres sont originaires de milieu sociau différents.
Bibliographie
Les diacres, de B.Violle et M.Cancouët. Ed.Desclée.
La grâce du diaconat, de Alphonse Borras. Ed.Lessius.
Diacre, c'est si simple d'aimer. Collection Témoins sans frontière.
Le diaconat. Ed. Autrement.
Les diaconesses dans l'Église d'hier et de demain, de Jeannine
Hourcade. Ed. St Augustin.
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