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Marie, la Mère de Dieu
Déclaration de la Commission doctrinale

A Lourdes, le 8 novembre 2004
Assemblée plénière
L'année du rosaire s'est terminée en octobre
2003. Les catholiques de France viennent de recevoir la visite du
Saint-Père, venu en pèlerinage à Lourdes. Nous nous apprêtons à célébrer,
le 8 décembre prochain, l'anniversaire de la proclamation du dogme
de l'Immaculée Conception (1854).
De nombreux livres et articles ont été publiés dans ces occasions,
souvent d'une belle venue : ils auront nourri le peuple de Dieu. En
revanche, deux d'entre eux manquent gravement à la foi catholique
: le livre de M. J. Duquesne, Marie (Paris, 2004), et celui du P.
D. Cerbelaud, Marie. Un parcours dogmatique (Paris, 2003)*. Le premier,
par sa diffusion et la coïncidence de sa sortie avec la visite du
pape à Lourdes, le 15 août, a même constitué aux yeux de beaucoup
une véritable provocation.
Dans le style de la théologie scientifique, le livre du P. Cerbelaud
ne fait, en réalité, que fournir le gros des arguments de la thèse
de M. J. Duquesne : les dogmes sur Marie seraient des inventions,
nées dans l'Eglise pour des motifs repérables de psychologie collective.
Ces deux auteurs ne parviennent plus à reconnaître dans le témoignage
des Ecritures les fondements révélés des aspects mariais de la foi
catholique. La Tradition vivante qui conserve et interprète la foi
dans l'Eglise, le Magistère qui la propose, n'ont pas à leur jugement
de valeur probante.
Depuis toujours, l'Eglise a honoré la
Vierge Marie d'un culte spécial. La raison en est rappelée par le
Concile de Vatican II : " Marie a été élevée par la grâce de Dieu,
au-dessous de son Fils, au- dessus de tous les anges et de tous les
hommes comme la Mère très sainte de Dieu, présente aux mystères du
Christ " (Lumen Gentium, 66).
1. Marie est vraiment " Mère de Dieu ", puisque le Fils étemel de
Dieu a reçu en elle son humanité. L'Eglise célèbre ce mystère à Noël,
le 25 décembre et le 1er janvier.
2. Elle est " toujours vierge ", puisque Dieu avait choisi son cour
et son corps pour l'incarnation de son Fils, l'Unique du Père. L'Eglise
le rappelle en la fête de l'Annonciation, le 25 mars.
3. On parle de son " immaculée conception ", puisque, par la croix
de son Fils, elle fut préservée de cette fêlure originelle qui fait
dissoner le cour des hommes. Tel est le sens de la prochaine fête
du 8 décembre.
4. On parle enfin de son " assomption ", parce qu'elle fut enlevée
en son âme et en son corps dans la gloire de Dieu, à l'issue de son
existence terrestre. Marie, selon la liturgie du 15 août, " brille
déjà comme un signe d'espérance assurée " pour le peuple de Dieu en
pèlerinage. Elle est devenue l'image de l'Eglise à venir.
+ Jean-Louis Bruguès
Evêque d'Angers
Président de la Commission doctrinale
* Une première note, relative
au livre de M. J. Duquesne et rédigée par la Commission doctrinale,
est accessible sur le site Internet de la Conférence des Evêques de
France (www.cef.fr).
Une seconde, traitant du livre du P. D. Cerbelaud, le sera prochainement.
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