Une nuit où le malheur est trop fort...

Le jour de l’Ascension, la nuit à Etouvans a été bouleversante. Cinq personnes d’une même famille sont mortes dans un incendie. Devant une telle catastrophe, tous les mots sont maladroits. Qu’est-ce que la vie quand elle est brisée d’une façon aussi brutale ? Et Dieu, s’il existe, que fait-il ?
Pourtant, au cours de cette nuit, que de générosités ont essayé de se manifester ! Les services publics, les associations, les gens du village, ce fut une chaîne de compétences et de présences pour apporter les secours et les soutiens nécessaires. Pour le moment, nous sommes les uns et les autres encore sous le coup, essayant d’être proches de celles et de ceux qui restent. Demain sera là et il sera nécessaire de continuer aide et présence. Demain sera là et il sera toujours indispensable de trouver des volontaires pour le service des autres, surtout des plus en difficulté.
Dans le respect de chacun et pour les femmes et les hommes qui le peuvent, que la prière chargée de nos questions s’adresse à Jésus, mort de mort violente. Que cette prière soit porteuse de la vie de cette famille décimée et de toutes les vies qui peinent chaque jour. Père Jean-Marie Viennet

 

Nous n’aurons jamais fini de commencer à espérer
de recommencer à espérer quand même.

Les vivants que nous sommes et que nous essayons d’être ont besoin d’être forts pour tenir quand à certains moments le malheur est si épais et si lourd.

Nous sommes d’abord des humains pour garder le souvenir de cette famille arrachée à la vie au coeur de la nuit, de cinq bougies éteintes, faisons cinq lumières : Laurence, David, Léo, Chloé, Mathilde.

Nous sommes aussi des humains pour nous sentir de la même communauté de la terre quand tout est trop lourd à porter et nous pensons en ce moment aux victimes du tremblement de terre en Indonésie.

Nous sommes encore des humains pour nous sentir appelés à nous engager dans une vraie communion de solidarité envers celles et ceux qui restent, en particulier les proches de la famille.
Nous sommes là également pour témoigner de tout ce qui a été essayé, tenté, risqué dans la nuit du mercredi au jeudi de l’Ascension et les jours suivants tant au plan personnel qu’au plan collectif pour venir en aide. C’est là que malgré la nuit du malheur, nous pouvons essayer d’espérer quand même.

Dans le respect des interrogations et des convictions de chacun, ce lieu de prière veut être un espace ouvert et doit être un espace ouvert pour accueillir les joies et les peines des hommes. Ici depuis bien longtemps, des femmes et des hommes sont venus dire leur révolte, leurs cris, mais aussi leur confiance.

Jésus, toi le visage humain de Dieu Père de tous les hommes, sois avec nous en ce moment. Que ton Esprit nous pousse à être de plus en plus des humains proches de toute peine et de toute souffrance.

Rends-nous accueillants et disponibles au coeur de l’existence, au coeur du quotidien de nos vies.

Père Jean-Marie Viennet

 


A l’heure où vous êtes rassemblés pour célébrer les obsèques de David, Laurence, Léo, Mathilde et Chloé, je viens, comme évêque de ce diocèse vous rejoindre par la pensée et la prière.

Je pense tout particulièrement à Axel, à la maman de David rencontrée samedi, à celle de Laurence et à tous les membres de la famille ainsi qu’à tout le réseau des amis des victimes de ce drame sans nom.

Les habitants de ce village autour de leur maire et du conseil municipal sont là pour exprimer leur fraternité vraie en pareille circonstance.

Les membres de l’équipe de proximité de cette paroisse autour de leur curé et des représentants de l’ensemble des paroisses Notre Dame de la Paix animent la prière et veulent accueillir le message du Dieu de l’Espérance qui s’est manifesté en Jésus-Christ sur la croix.

Au cœur de cette sympathie exprimée et de cette cohésion dans la douleur, accueillons la présence de Dieu qui est à nos côtés, lui qui est toujours du côté des victimes et jamais du côté de la souffrance et de la mort.

Dans le silence de nos cœurs, recueillons-nous pour confier à la tendresse infinie de Dieu celles et ceux qui nous ont quittés et que la paix du Seigneur nous accompagne.

 

Mgr Claude Shockert
évêque de Belfort-Montbéliard

 


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