Année de l'Appel à Audincourt

Parole de vie pour aujourd'hui

 

En introduction

VOCATION ET MINISTERE DE PRETRE (Homélie du 4 décembre 2005 à Audincourt à l'occasion de mes 25 ans de sacerdoce)

Rémi

Lorsque nous avons envisagé avec l'équipe pastorale ce qu'on allait proposer pour cette semaine où nous accueillons l'icône de la Ste Pentecôte, à la fin de la réunion, Jean Marie m'a dit que ce serait bien qu'après 25 ans de ministère de prêtre, je puisse donner un témoignage sur la façon dont j'ai entendu l'appel de Dieu et comment j'ai cherché à y répondre comme prêtre depuis 25 ans. J'ai spontanément accepté et nous avons décidé que ce serait dans le cadre de cette messe, comme lancement de ce que nous allons vivre cette semaine.

Mon témoignage n'a rien d'extraordinaire, ni d'exemplaire. La façon dont Dieu m'a fait signe ne veut surtout pas dire qu'il se comporte avec tous de la même manière. Il tient bien évidemment compte de notre enracinement et de notre histoire personnelle. Comment j'ai entendu l'appel de Dieu ? Rassurez-vous, je ne l'ai pas entendu comme Jeanne d'Arc a entendu des voix. Je ne peux pas le situer à un moment précis que je pourrais dater. Il s'inscrit dans la durée, c'est à dire que j'ai compris peu à peu que Dieu posait sur moi son regard de tendresse, qu'il m'appelait à me mettre à son service d'une façon particulière. J'ai découvert cela pour une part grâce au fait que je suis né dans une famille chrétienne où la prière quotidienne et la messe du dimanche faisaient partie de la vie et ne souffraient pas de remise en question.

C'est ainsi que, dès l'âge de 11 ans, je suis entré au petit séminaire de Luxeuil. 2 autres jeunes du même âge et de la même école que moi avaient fait le même choix. La vie au séminaire était une vie où le travail scolaire occupait une grande place, avec des temps de prière quotidiens et la messe régulièrement. La vie ensemble avait aussi beaucoup d'importance, puisqu'on n'avait la possibilité de rentrer à la maison qu'aux vacances, et non chaque semaine comme c'est le cas dans la plupart des internats. J'étais un élève moyen, ni dans les meilleurs, ni dans les cancres. J'ai tout de même réussi à aller jusqu'en Terminale et à avoir le bac, sans redoubler une seule classe. « Qui veut aller loin ménage sa monture» commentaient les professeurs.

C'est à ce moment-là, au sortir de la Terminale, à 18 ans, qu'il m'a fallu faire un choix. Alors que beaucoup de mes camarades de classe décidaient d'arrêter le séminaire et d'entrer en fac pour s'orienter autrement, qu'est-ce que j'allais faire? Sans trop hésiter mais sans trop savoir pourquoi également, j'ai décidé d'entrer au grand séminaire de Dijon où j'ai passé 2 années très riches de 1971 à 1973.

Je me suis rendu compte que je ne connaissais pas grand chose de la foi et le fait d'ouvrir la Bible et d'en découvrir toute la richesse a rejailli sur ma vie de prière et ma relation à Dieu. Je garde un très bon souvenir de ces 2 années. Après le service militaire et 2 années de travail en usine pour connaître de l'intérieur ce qu'est la vie ouvrière, j'ai voulu terminer mes études à la faculté de théologie catholique de Strasbourg dont je garde aussi un excellent souvenir. J'ai été ordonné diacre le 24 juin 1979 à la cathédrale St Jean de Besançon et prêtre au même endroit le 29 Juin 1980. FIN de la 1ère partie. Ce qu'il faut surtout en retenir par rapport à l'appel, c'est que Dieu n'est pas pressé d'avoir une réponse de notre part. Il est patient avec nous. Une réponse se mûrit dans la durée (c’est ce que l'on appelle le discernement) , mais, à des moments clés, il faut savoir prendre des décisions. Si on ne se décide jamais, si on reste toujours dans l'expectative, on ne peut rien construire de durable. Ce que je dis est aussi valable pour la vie à deux et le projet de mariage.

A 27 ans, me voilà donc prêtre. Cela fait 25 ans à présent. On est toujours appelé pour être envoyé. J'ai été ordonné prêtre pour me mettre au service des différentes communautés chrétiennes vers lesquelles l'évêque m'a envoyé. Même si, dans mes premières années de ministère ,j'ai été aumônier de jeunes dans les lycées et collèges de Belfort, puis ensuite responsable du service de la catéchèse, j'ai toujours tenu à être en même temps en lien avec une communauté paroissiale à Danjoutin pendant 2 ans, aux Résidences à Belfort pendant 10 ans, dans le centre ville de Belfort pendant 4 ans, à l'Isle sur le Doubs pendant 5 ans , ici à Audincourt depuis septembre 2001. Je rends grâce au Seigneur pour toutes les personnes qu'il a mises sur ma route dans les différents ministères qui m'ont été confié et qui m'ont aidé à être prêtre car un prêtre n'est rien sans un peuple autour de lui. Il est avant tout un pasteur. Dans la vie d'un prêtre, ce qui est important, ce n'est pas seulement ce qu'il fait, mais avant tout ce qu'il est. Il est un signe qui montre que, dans la vie, l'homme est trop grand pour se suffire à lui­ même, il est habité par une présence qui ne peut se révéler à lui que s'il cherche à faire taire en lui les instincts de possession et de domination qui nous habitent tous. Les sacrements que les prêtres et diacres donnent, à commencer par celui du baptême, nous manifestent cette présence de Dieu au coeur de nos vies et nous font passer de la mort au péché à la vie nouvelle en Jésus Christ. Le prêtre est un signe qui montre que, dans la vie, il n'y a pas que l'amour humain qui compte : on peut avoir une vie épanouie sans avoir un conjoint et fonder une famille, même si ça ne se fait pas sans renoncement. Tout choix impose des ruptures: quand on choisit quelque chose, on renonce nécessairement à autre chose. Le célibat du prêtre peut se justifier: il est un signe donné, même s'il est rarement compris. Pour mieux le vivre, il est nécessaire d'avoir autour de soi des gens sur qui on peut compter, (d’autres prêtres peuvent nous aider en ce sens) , il faut accepter aussi une certaine solitude, à certains moments.

Vivre seul dans un grand .presbytère n'est pas forcément l'idéal. Heureusement, je n'ai que rarement connu cette situation. Je n'ai jamais douté de ma vocation au point d'envisager de quitter mon ministère de prêtre. Aujourd'hui, je ne sais pas de quoi l'avenir sera fait, pas plus que je ne savais il y a 25 ans ce qui m'attendait. Ce que je demande au Seigneur, c'est de ne jamais douter de son amour pour moi pour que je puisse accueillir dans la confiance l'avenir qu'il me réserve.



L'annonce de la foi

La foi vécu

La foi célébrée

Les membres de la structure paroissiale et la vie religieuse



26. Pour conclusion,

L'Homélie de Thierry du 11 décembre 2005

Ces jours derniers, notre Ensemble de Paroisses a vibré au rythme de témoignages.
Témoignages de vie. Témoignages répondant parfois à cette question :
Qui es-tu? Qui es-tu pour agir ainsi? Jean Le Baptiste, André, Colette... et tous les autres.
De l'appel reçu à l'engagement pris, un chemin s'est dessiné.
L'homme, la femme témoin, a laissé entrevoir l'appel de Dieu, la quête de Dieu.
Ce Dieu libérateur, lorsque la parole est donnée, lorsque la parole est écoutée.
Lorsque la parole devient naissance. Donne forme et corps à ce qui se fait.
Faisant du témoignage une raison d'être, un appel qui donne consistance à la personne elle-même.
En étant reconnu comme témoin, toute présence y trouve une signification, un sens.
Ce n'est plus seulement l'homme, la femme témoin, mais l'Esprit qui l'anime qui vient imprégner la vie de notre humanité.
Il en est déjà ainsi pour cet homme n'étant pas la lumière, mais venant lui rendre témoignage.
Il en est ainsi des prophètes: témoins d'hier et témoins d'aujourd'hui.

Témoin du Père par excellence: “Jésus de Nazareth ”
dont les disciples d'Emmaüs disent: “ cet homme était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple”.
Frappant par son enseignement lorsque les évangiles nous disent que
“ tout le peuple était suspendu à ses lèvres ”.
Mais encore bien davantage par son action,
lorsque Jésus s'exprimant dit:
“ qu'est-ce. qui est le plus facile? de dire au paralysé: “ tes péchés sont pardonnés, ou bien de dire: lève-toi, prends ton brancard et marche? ”
et voyant 1 'homme se lever “ tous étaient stupéfaits et rendaient gloire à Dieu, en disant: “ nous n'avons jamais rien vu de pareil ”.

Être témoin, devenir témoin, nous le sommes tous à notre façon.
En avons-nous conscience?
Témoins de notre foi nous le sommes.
Parce que comme Jean le Baptiste, comme Jésus le Christ, lui-même,
nous sommes envoyés par Dieu.
Ce Dieu qui se tient au milieu de nous et que nous ne reconnaissons pas toujours. Ce Dieu fidèle qui dans le Christ nous appelle à lui rendre grâce
en toute circonstance.
C'est ce que nous sommes entrain de faire, ce matin,
en vivant ensemble cette eucharistie.

 


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