Des nouvelles de Chantal en Syrie

 

Comme promis Chantal Godfroid nous donne des nouvelles de la Syrie où elle est partie avec la DCC (Délégation Catholique pour la Coopération), elle nous fait part de sa vie au quotidien là bas.

 

Bonjour,

Je vous envoie quelques nouvelles de mon « aventure » syrienne après maintenant près de deux mois a Raqqa. Globalement tout va bien même si il faut s'acclimater aux changements de vie !

Le dépaysement est là… par rapport a l'environnement, cela m'était en partie connu, ayant déjà voyagé dans les parages (Liban, Egypte), mais dépaysement surtout dans les habitudes de vie et les coutumes bien différentes des nôtres, surtout dans cette ville. Raqqa possède plus de 200 000 habitants mais est presque considéré comme un village pour « l'axe principal » a l'ouest de la Syrie, c'est à dire Damas-Homs-Alep. Ici, c’est une région beaucoup moins développée mais qui commence a se redynamiser. Il y a 5 ans, il n'y avait presque pas de voiture, les familles s'entassaient sur une moto. Maintenant, il y a de nombreux taxi et bus mais peu de particuliers possède de voiture. La plupart des trajets entres les différentes villes importantes se font également en bus, les voies ferroviaires sont très peu utilisées.

La ville de Raqqa ne possédant quasiment aucunes distractions, les habitudes sont de passer chez les uns ou chez les autres pour aller boire le thé ou le café et papoter. D’ailleurs, le moindre fait et geste de n'importe qui, fait très vite le tour de la ville. Et comme je ne passe pas forcément inaperçue, je suis contente de ne pas comprendre la langue, ca m'évite de savoir ce qui se raconte. Surtout que je ne me sens pas mal a l'aise lorsque je suis la seule femme dans une salle avec un ou deux hommes, peu de fille de la région n’oserait.
Comme je m'y attendais, la plupart des syriens se demandent ce que je fais ici, sans mari et sans mes parents, ce n'est pas normal pour une fille de vivre seule. Ils sont d'ailleurs très curieux et des la 1ère rencontre et même les 1ères minutes, ils demandent ta situation, fiancée / mariée, son métier, quel âge tu as, combien de frère et sœur, ton salaire… et j'en passe !

Pour ce qui est de mon travail ici, en tant que kinésithérapeute, les choses avancent. Le centre « Oustrat al Ikha  (Terres des Hommes) » est divisée en 3 parties : 2 petites classes accueillant des enfants IMC (handicapes moteur et mentaux), un atelier pour faire travailler des jeunes filles handicapées (beaucoup de polio) a faire de la broderie et autres activités manuelles que les sœurs vendront pour leur donner un peu d argent. Et la rééducation qui comprends une orthophonistes et 2 kinés, toutes formées sur le tas.
En rééducation, on s'occupe des enfants des classes, d’enfants emmènes tous les jours par les parents et de quelques adultes. La salle de kiné, bien que pas très grande, n’est pas trop mal équipée, surtout depuis l’année dernière où une ancienne volontaire d'Alep a fait parvenir beaucoup de matériels depuis la France. Mon rôle a moi est de former les deux filles travaillant comme kinés, d'adapter les corsets et autres matériels déjà présent ou de confectionner certains autres, et de prendre en charge quelques enfants et adultes, en particulier quand il y a des nouveaux pour cibler les thérapies.

Pour la religion, la Syrie est tolérante. Mais bien sur, côté ambiance, les prières des mosquées remplacent les cloches des églises. Comme partout au Proche Orient, il existe énormément de rites catholiques différents. A Raqqa par exemple, ce sont en grande partie des grecques catholiques, mais les chrétiens n'étant ici que peu nombreux, ils célèbrent tous ensemble : les catholiques de différents rites ainsi que les protestants (très très peu nombreux, une ou deux familles) et les orthodoxes également.

En résume, la Syrie est un pays très accueillant, où l’on trouve toujours quelqu’un pour nous aider quand on a un problème, mais il reste un pays assez pauvre et les différences entres grandes villes de l'ouest et l'est, sont encore importantes surtout dans les traditions et les façons de penser.

Sur ce, je vous laisse, en vous souhaitant, un peu en avance, de bonnes fêtes de fin d’année ! Peut être , Belfort est déjà éclairé ?

A bientôt

Chantal

 


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