CHEMIN DE CROIX 2006

Année de l’Appel

proposé par le père Louis Groslambert

 

Prière  : Seigneur Jésus, tu as passé tout le temps de ton ministère à appeler les gens. Tu les as appelés à te suivre. Ceux qui étaient écrasés par le souci du lendemain, tu les appelais à faire confiance au Père, comme font les oiseaux ; ceux qui croyaient qu’ils seraient sauvés par leurs vertus, tu les appelais à croire au Dieu qui sauve par la grâce ; ceux qui soignaient avant tout leur apparence, tu les as appelés à tourner le dos à l’hypocrisie… Jésus, tu as toujours appelé, et quand tu parcours le chemin de la croix, tu continues de nous adresser tes appels. Donne-nous de les entendre.


Première station :


Jésus est condamné à mort. Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix.

Lecteur 1 :
Jésus, te voilà condamné injustement. Toi l’innocent, on t’accuse. Toi qui as fait les œuvres du Père, on t’accuse d’être le complice de Satan. Toi qui n’as cherché que la gloire de Dieu, on dit que tu as blasphémé en te disant fils de Dieu. Tu as pris le chemin de tous ceux qui sont accusés injustement.

Lecteur 2 :
 Toi le condamné, tu nous répètes : « ne jugez pas et vous ne serez pas jugés, ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés ; la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous ». En répondant à cet appel, nous apporterions beaucoup de paix.

Prière :
Seigneur Jésus, garde-nous de juger nos frères (bis)
Seigneur Jésus, délivre-nous au jour du jugement (bis)


Deuxième station :

Jésus est chargé de sa croix. Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons

Lecteur 1 : Christ, tu portes le monde dans l’existence ; tu portes non seulement ce qui tire les hommes vers le haut mais aussi ce qui les tire vers le bas ; tu portes l’élan des générosités mais aussi le fardeau des égoïsmes… l’attrait des choses spirituelles mais aussi l’esclavage des choses matérielles… les liens de fraternité mais aussi les chaînes des violences. Voici sur toi le poids de ceux en qui l’argent, le prestige, l’ambition, les habitudes, les avantages acquis ont étouffé l’appel de l’évangile.

Lecteur 2 : Tu nous appelles, Jésus, à ne pas mettre sur le dos des autres des fardeaux que nous ne portons pas nous-mêmes ; tu avertis que nous ne pouvons pas faire supporter aux autres des exigences que nous n’observons pas nous-mêmes. Au contraire, tu nous appelles à porter les fardeaux les uns des autres.

Prière : Ref : Jésus a tant aimé le monde qu’il a donné sa vie pour lui…(chant de l’appel)


Troisième station :

Jésus tombe pour la première fois. Nous t’adorons

Lecteur 1 : Tu es un homme, pas un sur-homme ni un héros. Tu tombes… comme nous tombons dans le mensonge ou l’infidélité. Toi, le Fils du tout puissant, tu t’es totalement converti à notre humanité ; tu as appris nos limites. Tu es bien Emmanuel, Dieu avec nous.

Lecteur 2 : Sûrement, tu nous appelles à ne pas avoir honte de nos chutes... Tu nous suggères d’aimer notre condition humaine même si elle comporte des échecs et des limites... Tu nous invites à être plus compréhensifs vis-à-vis de ceux qui tombent… Mais, plus fondamentalement, ta chute manifeste ta sagesse face à nos prétentions de puissance. Ta faiblesse est plus forte que la puissance des hommes. Tu nous appelles à regarder Dieu comme celui qui n’a pas d’autre puissance que son amour.

Prière : Prions Dieu dont la seule puissance est d’aimer : Notre Père…


Quatrième station :

Jésus rencontre sa mère Nous t’adorons

Lecteur 1 : Dans nos jours de souffrance nous avons apprécié de rencontrer quelqu’un qui se mette à l’unisson avec nous. Nous mêmes, par une visite, une lettre, un coup de téléphone, nous avons cherché à nous mettre à l’unisson avec des frères souffrants. Nous comprenons que Marie ait tenu à être là même si, comme l’avait dit Syméon, un glaive la transperçait. Nous devinons que le Fils et la mère se sont appuyés l’un sur l’autre. Le prophète avait dit « consolez mon peuple »… et Marie vient apporter son réconfort à celui qui rassemble tout le peuple.

Lecteur 2 : Dans les sanglots de la voix de Marie, j’entends les sanglots de toutes les mères dont les enfants s’en sont allés loin de la famille sans un adieu … ou ont abandonné leur éducation… ou ont rompu toute relation suite à un conflit... Pourrais-je rester sans larmes devant les plaintes de tant de mères ? Pourrais-je rester impassible quand je réalise aussi que la souffrance des fils retentit en même tant dans le cœur des mères et des pères ?
Jésus, ton face-à-face avec Marie m’appelle à me faire proche de toute personne en difficulté.

Prière : Avec les parents qui souffrent de la souffrance de leurs enfants, saluons la Mère Je vous salue Marie


Cinquième station :

Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix Nous t’adorons o Christ…

Lecteur 1 : Toi, Jésus, tu n’as plus la force d’avancer ! Toi, tu as tout donné et désormais, tu as besoin que quelqu’un te donne. Celui qui te donne, c’est un pauvre homme harassé par le long refrain du travail à la chaîne ou le stress de son emploi… fatigué par les soucis familiaux et les inquiétudes de son avenir professionnel… Ses pas chancellent, comme les nôtres, mais malgré cela, il consent à te faire l’offrande de lui-même. Il peine déjà à porter sa propre vie et il consent à porter la souffrance de Dieu.

Lecteur 2 : Jésus, tu nous appelles par des frères qui ont soif d’un peu d’estime… par des voisins qui ont besoin d’un coup de main… par des personnes qui n’avancent plus faute de justice… par des personnes seules pour qui une courte visite serait l’équivalent d’un grand soleil. Aujourd’hui tu nous appelles à partir et porter du fruit.

Prière : Jésus a tant aimé le monde qu’il a donné sa vie (supplément 7)


Sixième station :

Véronique essuie le visage de Jésus Nous t’adorons o Christ

Lecteur 1 : L’homme a été créé à l’image de Dieu, et son visage porte en lui le mystère. A plus forte raison, le Fils de Dieu est à la ressemblance de Dieu ; il est le plus beau des enfants des hommes. Mais le voilà défiguré par les affronts de ses frères, par le péché qui pollue le monde, par les violences qui torturent les hommes. Véronique recueille sur son linge le mélange de sang et de boue : elle pressent peut-être que le visage défiguré est celui qui va transfigurer les hommes.

Lecteur 2 : A quoi nous appelles-tu, Seigneur, lorsque tu montres à une femme ton visage défiguré et sanglant ? Tu nous appelles sans doute à ne pas nous fier aux apparences, quand nous voyons des visages abîmés ou autres que les nôtres. Tu insistes pour que, devant nos voisins parfois gêneurs, devant nos collègues souvent dérangeants, nous voyions en chacun sa ressemblance avec Dieu. Tu rappelles que Dieu ne fait pas de différence entre les hommes et tu nos invites à n’en pas faire.

Priere : Jésus a tant aimé le monde (chant de l’appel)


Septième station :

Jésus tombe pour la seconde fois Nous t’adorons o Christ

Lecteur 1 : Le chemin de croix accable Jésus comment l’accable notre manque de foi, comme l'écrase l’hypocrisie des pharisiens, comme le broient notre indifférence, l’oubli de notre baptême, notre avidité des choses terrestres… La chute de Jésus me met devant les yeux les conséquences de mon manque d’amour.

Lecteur 2 : Je pense à mes rechutes, à mes fragilités, à mes précarités… Tu es là, Jésus ! Tu nous appelles à croire que tu n’es pas présent seulement dans nos réussites, mais aussi dans nos échecs… là où nous sommes faibles…

Prière : Faisons au Christ l’exposé de nos faiblesses…(silence)
Disons ensemble : Jésus tu es près de moi quand je suis faible (bis)
Jésus tu es proche des cœurs brisés (bis)
Jésus, tu relèves les accablés (bis)


Huitième station :

Jésus rencontre les femmes de Jérusalem Nous t’adorons…

Lecteur 1 : Celles qui transmettent la vie se désolent que le Vivant soit exposé à la mort. Celles qui, par leur fonction maternelle sont en connivence avec le créateur pleurent à la vue de l’homme qui va mourir. … Et, curieusement, l’homme qui va mourir leur suggère de ne pas pleurer sur lui, parce que la mort n’a pas un pouvoir définitif sur lui. Il leur suggère de pleurer sur elles, parce que la mort va faire son œuvre en elles : « pleurez sur vous, pécheresses… Pleurez sur les gens de votre sang, les pécheurs »

Lecteur 2 Christ, tu nous appelles à pleurer sur nous… parce que nous renions notre foi…, parce que nous trahissons notre vocation à aimer…, parce que nous vivons dans la tiédeur…, parce que nous consentons à ces réflexes qui font entrer la mort dans le monde.

Prière : Reconnaissons que nous sommes pécheurs :
Seigneur Jésus envoyé par le Père pour guérir et sauver les hommes PRENDS PITIE
o Christ venu dans le monde, appeler tous les pécheurs PRENDS PITIE DE NOUS
Seigneur élevé à la droite du Père où tu intercèdes pour nous PRENDS PITIE


Neuvième station :

Jésus tombe pour la troisième fois Nous t’adorons o Christ…

Lecteur 1 : Ce n’est pas difficile de considérer que Dieu est Père quand tout va bien ; ce n’est pas difficile d’avoir de l’espérance quand tout est facile…
Mais la foi au Père commence à devenir réelle quand rien ne va plus ; l’espérance se vérifie quand on a perdu tous nos appuis.
Jésus est tombé trois fois : trois fois il s’est relevé ; il a cru en la fidélité du Père même et surtout dans les moments les plus durs.

Lecteur 2 : Tu nous appelles à l’espérance, Seigneur Jésus. Il est évident que le monde ne va pas comme nous aimerions qu’il aille ; aujourd’hui nous voulons faire avec toi, un acte d’espérance. Nous voulons dire que « nul n’est trop loin pour que Dieu le rejoigne ». Nous voulons dire qu’ « aucune situation n’est perdue pour Dieu »

Priere : Seigneur, viens au secours de ma foi qui chancelle (bis)
Seigneur viens au secours de mon espérance qui faiblit (bis)
Seigneur viens renforcer ma charité qui s’étiole (bis)
Seigneur, viens vivre en nous (bis)


Dixième station :

Jésus est dépouillé de ses vêtements Nous t’adorons o Christ…

Lecteur 1 : Autrefois, avant de vendre Joseph, ses frères l’avaient dépouillé du manteau que son père Jacob lui avait donné. Aujourd’hui c’est nous qui dépouillons Jésus, qui le déshonorons. Il avait vu que nous avions perdu notre dignité et il était venu nous couvrir du manteau de la justice ; maintenant nous lui enlevons toute dignité… Par notre faute, il est l’homme à qui nous ne voudrions pas ressembler.

Lecteur 2 : En perdant tout, Jésus, tu nous appelles à contempler Dieu qui est prêt à tout donner et qui dit à chacun « tout ce qui est à moi est à toi ». … Tu nous appelles aussi à ne rien faire qui fasse perdre à un frère sa dignité… Tu nous appelles à vêtir toute personne d’un manteau d’estime et de respect.

Prière : Jésus a tant aimé le monde…(chant de l’appel)

Onzième station :

Jésus est mis en croix Nous t’adorons o Christ…

Lecteur 1 : Avec leurs clous et leurs marteaux ils ont ouvert tes mains toujours ouvertes… tes mains de compassion, de miséricorde, de pitié… tes mains qui ouvraient nos yeux et nos oreilles, qui lavaient nos lèpres, fermaient nos plaies… et rassasiaient les foules avec quelques pains.
Toi qui personnifies l’alliance, tu t’es lié et attaché à nous. Tu n’as pas besoin de clous pour être fidèlement attaché à notre humanité. L’alliance n’est pas garantie par des clous mais par ton amour fidèle

Lecteur 2 : Toi, le maitre de l’alliance, tu nous appelles à vivre de l’alliance, à nous amarrer à toi non par des contraintes, mais par l’attachement du cœur. Nous entendons cet appel… Nous voudrions que l’entendent aussi les jeunes qui fréquentent le catéchisme, les jeunes et les adultes qui semblent négliger leur baptême et leur vocation… et toute la population. Donne à chacun de dire « tu m’as ouvert l’oreille : me voici pour faire ta volonté » 

Prière :
Jésus a tant aimé le monde (chant de l’appel)


Douzième station :

Jésus meurt sur la croix : Nous t’adorons ô Christ

Lecteur 1 : « Père, glorifie ton fils » : telle était la prière du Christ.
« Elevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » : telle était la promesse du Christ.
« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » : telle était la sagesse du Christ.
Maintenant, sur la croix, le Christ manifeste sa sagesse et attire les hommes : qui n’est pas touché au cœur par son amour qui va jusqu’au bout ?

Lecteur 2 : Le Christ en croix nous attire : nous comprenons que sa sagesse, - la sagesse du serviteur - est plus sage que nos prétentions ; nous comprenons que sa fidélité est plus sage que nos opportunismes ; nous comprenons que notre vocation consiste à mettre notre vie totalement au service de l’amour dans le monde.

Prière : Jésus a tant aimé le monde (chant de l’appel)


Treizième station :

Jésus est descendu de la croix : Nous t’adorons ô Christ

Lecteur 1 : Mère des douleurs, quelle berceuse as-tu chanté à ton enfant immobile et raide ? Joseph d’Arimathie, quelle parole as-tu dite quand tu recevais le corps de celui dont la parole t’avait atteint au cœur ? Vous qui recueilliez ce fruit parfait de l’amour, saviez-vous qu’il avait livré le combat qui faisait mourir la mort ?
Et ceux qui, aujourd’hui, recueillent le dernier souffle de leurs proches, savent-ils que leurs proches s’endorment, selon la Parole…. et qu’ils seront transformés à l’image de Jésus selon sa promesse ?

Lecteur 2 : Voici que la scène du Christ descendu de la croix porte en elle un grand appel : l’appel à croire au-delà des évidences, à Celui qui dit à chacun « toi tu ne mourras pas ». Nous sommes appelés à croire ! croire n’est pas un besoin qui vient de nous, c’est un appel que Dieu lance à l’homme : il dit : veux-tu me faire confiance ?

Prière : Disons : « Je crois en Dieu, le Père tout puissant…. »


Quatorzième station :

Jésus est mis au tombeau nous t’adorons ô Christ

Lecteur 1 : Au séjour des morts, le Christ est allé annoncer l’amour permanent de Dieu.
Il ne se contente pas d’annoncer cet amour à se contemporains : il va l’annoncer à tous ceux qui l’ont précédé. « Réjouis-toi, Adam ; réjouis-toi Moïse ; réjouis-toi David ; réjouissez-vous tous : la mort est morte ; Dieu vous fait vivre »

Lecteur 2 : Le tombeau c’est la nuit, c’est la prison, l’isolement et la quarantaine. Dans tous ces lieux, le Christ se rend présent. Et moi, si je suis son disciple, ne suis-je pas appelé à aller là où quelqu’un est isolé, prisonnier, dans la nuit ? Et les personnes isolées, emprisonnées, exclues, ne suis-je pas appelé à croire qu’elles pourront sortir de leur épreuve ? Ne dois-je pas veiller pour voir les signes de ce qui pousse ?

Prière : Seigneur Jésus, comme le grain de blé, tu as été mis en terre ; comme le grain de blé tu ne seras pas prisonnier de la terre mais tu produiras du fruit. Tu seras libre ; tu seras source de liberté. Tu seras vivant, et tu seras source de vie.
Seigneur Jésus, grain de blé semé en terre, tu nous appelles à voir que la moisson est abondante ; tu annonces que déjà les champs se dorent pour la moisson. Donne-nous ton saint Esprit pour que nous regardions le monde avec un regard plein d’espérance… comme toi.
Vienne le jour où la semence de ton amour aura levé, aura grandi, aura muri… Vienne le jour de la moisson ! Viens Seigneur Jésus.

 


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