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Des réformes qui irritent les évêques espagnols
En cette fin du mois de décembre 2004, la Conférence épiscopale d'Espagne a marqué publiquement son désaccord face à la loi autorisant le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels. S'il s'agit du principal sujet de mésentente entre le gouvernement et les évêques espagnols, d'autres décisions font également des remous. Depuis que les socialistes ont pris le pouvoir en mars 2004, les réformes vont bon train dans ce pays. Entre la Conférence épiscopale d'Espagne et le gouvernement socialiste, les sujets de discorde ne manquent pas ! Les évêques espagnols viennent de rendre publique leur position vis-à-vis de l'homosexualité. « La tendance homosexuelle, même si elle ne relève pas du péché, doit être considérée objectivement comme un trouble », ont-ils déclaré. Ils considèrent ce type de comportement « intrinsèquement mauvais du point de vue moral ». « Le mariage est toujours et uniquement l'union d'un homme et d'une femme », ont-ils ajouté. S'ils ont choisi la fin du mois de décembre 2004 pour s'exprimer à ce sujet, c'est pour marquer leur désaccord par rapport au projet de loi du gouvernement socialiste autorisant le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels, qui entrera en vigueur en 2005. Outre la question de l'homosexualité, d'autres réformes irritant considérablement les évêques espagnols sont en marche, comme la simplification des procédures de divorce ou la volonté d'étendre les conditions dans lesquelles un avortement est autorisé. Sans oublier la perspective d'une autorisation de la recherche à partir de cellules souches. Les représentants de l'Eglise sont allés jusqu'à appeler les fidèles à descendre dans la rue pour protester contre une rétrogradation des cours de religion à l'école. Obligatoire jusqu'ici dans l'enseignement public, il deviendrait l'objet d'un choix aux côtés d'un cours d'éducation civique. Du conservateur au réformateur Les relations entre l'Eglise espagnole et le pouvoir sont tendues depuis que José Luis Rodriguez Zapatero a remporté les élections législatives en mars dernier. Les socialistes ont été immédiatement soucieux de rompre de façon radicale avec l'ère Aznar. L'équipe Zapatero avait un profond désir de réforme. Le Parti populaire avait soutenu en Espagne une vision très conservatrice. Son chef de gouvernement, José Maria Aznar, était proche de milieux catholiques traditionalistes et extrêmement sévère dans le domaine moral. Par contre, suivant l'exemple d'autres majorités laïques dans l'Union européenne, José Luis Rodriguez Zapatero considère comme indispensables un certain nombre de révolutions éthiques. Il a même été plus loin que la plupart de ses homologues continentaux en décidant l'adoption pour les couples homosexuels, ce qui continue à faire l'objet de réserves importantes en Belgique et en France. « Les couples homosexuels ne constituent pas un référent adéquat pour l'adoption », affirment les évêques espagnols. Il y a une semaine, une sérieuse polémique est née entre l'Eglise et le gouvernement suite à des déclarations du porte-parole de l'épiscopat, Juan Antonio Martinez Camino. « Ces réformes témoignent d'une vision déficiente de la relation de l'homme avec Dieu », avait-il dit. « Zapatero obtiendrait beaucoup plus de voix s'il nous écoutait », avait encore ajouté le porte-parole des évêques. Cet avertissement avait été jugé « inconvenant » par José Blanco, porte-parole de l'équipe Zapatero. Cette confrontation verbale témoigne d'une rapide évolution de société. Les traditions religieuses, bien ancrées, sont en perte de vitesse. Si plus de 73% des Espagnols se déclarent catholiques; 23% d'entre eux seulement s'affirment pratiquants. (CtB/Fides) 28/12/2004 |
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