PELERINAGE EN TERRE SAINTE

 

Le jeudi 7 avril, à Genève, un avion d'El Al prenait à son bord 45 pèlerins de nos deux diocèses (Besançon et de Belfort-Montbéliard). Encore marqués par les images de la disparition Jean-Paul II, et l'émotion qu'elle suscitait, nous volions vers la Terre Sainte.

Là bas, au détour d'une rue ou d'une vallée, nous avons plusieurs fois buté contre ce "MUR" que la peur a fait construire entre Israël et Palestiniens, et j'ai pensé au pèlerin de la paix que fut Jean-Paul II. "N'ayez pas peur". Cette invitation, qui vient de loin, nous l'avons entendu durant ces 6 jours de pèlerinage. C'est la Bonne Nouvelle annoncée, il y a plus de 2000 ans à Marie de Nazareth, aux bergers de Bethléem, aux apôtres de Jérusalem au matin de la Pentecôte. Jean-Paul II n'a pas eu peur de tisser des liens, particulièrement en venant se recueillir, à Jérusalem, auprès d'un autre mur, celui des lamentations. Sa prière ce jour-là restera la nôtre, pour la paix en Terre Sainte et dans le monde.

La terre Sainte?
Une terre, deux peuples, des colonies partout, 7500 prisonniers palestiniens, un mur, des nationalités diverses: juifs, arabes, druzes, 1 millions de russes…Et, semble-t-il, dans les population, une grande lassitude et un désir de paix. Il y a donc une lueur d'espoir, faible, fragile, mais réelle… et les pèlerins reviennent peu à peu.

L'Eglise de Terre Sainte?
C'est une mosaïque avec ses richesses et ses tensions. Quand il visite le Saint Sépulcre le pèlerin a besoin de temps, d'un brin d'humour et de beaucoup de foi, pour passer de l'étonnement (devant les étrangetés des rites, des lieux et la multiplicité des cultes) au ressourcement… Nous avons aussi entendu l'inquiétude de petites communautés chrétiennes palestiniennes, souvent réduites aux personnes âgées (car les jeunes ont émigré). Et nous avons été touchés par la présence et le témoignage des Clarisses de Nazareth et de Soeur Sophie, qui accueille, à Bethléem, des enfants abandonnés. Les communautés chrétiennes sont heureuses de nous accueillir.

Notre pèlerinage?
Des personnes venues des 4 coins de Franche-Comté (et aussi de Savoie et de Luxembourg) qui, à l'occasion d'un anniversaire de mariage, d'un cadeau offert par la famille…concrétisaient leur désir de venir sur les lieux qui nous disent le Seigneur et nous apprennent à lire sa parole pour en vivre.

C'est ce que nous avons essayé de faire. Je conserve le souvenir de célébrations pleines de foi .Chez les clarisses de Nazareth, le jour des obsèques de Jean-Paul II, dans le souvenir de Marie et de Charles de Foucault. L'Eucharistie très ventée au bord du lac (Dalmanutha), et l'évangile de la multiplication des pains. La célébration du dimanche au mont Thabor, que les plus sportifs ont gravi à pied. La messe de la nativité à Bethléem, et celle de Saint Pierre en Galicante, qui nous introduisait dans la méditation de la Passion…Enfin, au terme de notre pèlerinage, la célébration de la Résurrection au Saint Sépulcre…

Et puis, tant d'autres pages de notre évangile que nous avons écoutées d'une oreille et d'un cœur neuf, comme autant de béatitudes, au soleil de la Palestine, sur les eaux du lac, dans les hauteurs de Galilée ou de Judée, à l'ombre d'un sycomore, ou d'un olivier, à la synagogue de Capharnaüm…ou au Cénacle de la dernière Cène, dans les rues du chemin de la croix…

Le groupe s'est aussi laissé bercer par les appels à la prière de la mosquée voisine de notre lieu d'hébergement et gardera comme un message indélébile, le cri muet des œuvres d'art évocatrices de la Shoa à Yad Vashem.

C'est avec reconnaissance que nous avons laissé Guila notre guide et le sympathique chauffeur de car à d'autres pèlerins…Ils nous furent précieux par leurs compétences et leur connaissance du terrain. L'une est Israélienne et juive, l'autre Palestinien et chrétien…Ils restent pour moi l'image de leur pays, portant avec lucidité l'espoir pour cette terre, dont ils sont l'un et l'autre, comme tant des leurs, les citoyens.

Terre Sainte, lieux qui, dans la douleur et les espoirs de l'aujourd'hui, continuent de nous dire ce Dieu qui a visité son Peuple.

Le 30 avril 2005
Jacques VAUBOURG

 


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