Homélie pour la Sainte Famille

 

Si la Sainte Famille était des nôtres ce matin, qu’est ce qu’elle aurait à nous dire ? Si Marie, Joseph et Jésus devaient s’adresser à chacune de nos familles, quel serait leur message ? Imaginons donc qu’ils sont avec nous. Ils viennent s’adresser à nos familles bien concrètes du 21ième siècle, heureuses ou déchirées, pleines de joies, mais aussi confrontées à toutes sortes de situations par toujours simples. Ecoutons Marie, puis Joseph, puis Jésus nous parler aujourd’hui. Ecoutons la Sainte Famille.

Marie nous parle la première. « Moi, Marie, je voudrais rejoindre aujourd’hui toutes les mamans. Spécialement celles qui sont seules, veuves, séparées de leurs enfants. Celles qui sont dans l’angoisse, parce que leur fils ou leur petit-fils ne va pas bien. Et je voudrais leur dire que moi, la mère de Jésus, je suis de tout cœur avec elles. J’ai connu les douleurs de l’enfantement. Pas seulement au jour de la naissance, car c’est toute la vie qu’une mère met au monde son fils. J’ai connu l’angoisse de voir mon enfant menacé par la haine des hommes. J’ai connu la peur de sa disparition quand il était adolescent, et surtout la douleur sans nom du glaive de la passion. Mais gardez confiance : dans mon cœur, une secrète espérance a su veiller. Jésus, mon fils, est sorti vainqueur de l’ombre du tombeau, il a vaincu toute mort. Son Eglise aujourd’hui continue son œuvre de grâce. En cette fête de la Sainte Famille, je voudrais aussi rejoindre toutes les femmes, celles qui ne connaissent pas la joie de la maternité, celles qui souffrent de n’avoir pu être mère. Je pense également à celles qui se sont consacrées à mon fils dans le célibat et la vie religieuse : soyez sûres qu’il existe mille et une manière de rendre votre vie féconde, et d’être mère. De multiples façons, vous pouvez donner la vie, la prendre par la main, être cœur qui écoute, mains de tendresse ou du réconfort : soyez en sûres, vous êtes promise à la joie du magnificat ».

Joseph nous parle ensuite : « Moi, Joseph,  je voudrais rejoindre aujourd’hui tous les papas. Surtout ceux qui souffrent du drame de la séparation. Ceux qui n’auront pas la joie d’avoir leurs enfants avec eux en ces jours de fête. Je voudrais rejoindre les papas ou grands papas qui sont seuls, dans les hôpitaux, les maisons de retraite. Moi, Joseph, j’ai connu le doute amer, j’ai cru ma confiance trahie. Mais dans la foi, j’ai osé entendre la promesse de l’ange : « ne crains pas ». Je me suis aussi souvenu de l’espérance de mon peuple dans l’attente du messie. Moi, Joseph, je pense aussi aux hommes qui n’ont pas choisi d’être célibataires : qu’ils le sachent, toute vie peut être féconde. Je voudrais bien sûr m’adresser aujourd’hui à vous, pères de famille ou grands pères heureux, entourés de votre descendance. Vous aussi, vous avez accepté de prendre sous votre protection les enfants nés de l’amour de votre couple. Rude tâche que celle d’être père, surtout à une époque où oser dire « non » pour faire grandir est si mal accepté. Hommes mariés ou célibataires, il y a mille et une manières de vivre la paternité. Papa, Pères, vous êtes à l’image de Notre Père du ciel, appelés un jour à partager sa plénitude ».

Jésus aussi à quelque chose à nous dire : « Moi, Jésus, je voudrais rejoindre aujourd’hui les enfants, les jeunes, filles et garçons. Certains connaissent le drame de la maladie, de la séparation de leur parents. D’autres souffrent de secrètes blessures. Parfois l’avenir semble fermé... Confiance ! en me faisant l’un d’entre vous, moi, Jésus, je suis venu ouvrir un avenir, je suis venu dire que je crois en la vie, plus forte que tout. J’ai foi en tout homme. Et j’ai mis sur votre route des compagnons pour vous prendre par la main et vous montrer le chemin : parrains, marraines, animateurs, éducateurs. Vos parents semblent parfois ne pas vous comprendre ? moi aussi, un jour, il ne m’ont pas compris, quand il me fallait être dans le temple avec les docteurs de la loi. Mais faites leur confiance : j’ai déposé en leur cœur la capacité de vous donner le meilleur d’eux même. Rappelez-vous les trésors d’amour, de douceur et de patience qu’ils vous partagent chaque jour, chaque nuit, inlassablement. Et souvenez-vous : vos anges dans le ciel contemplent chaque jour la face de mon Père. Vous aussi, un jour vous me verrez dans un éternel face à face ».

La sainte famille a quelque chose à nous dire à tous : « Nous, Marie, Joseph, et Jésus, nous voudrions souhaitez une bonne fête à la famille des enfants de Dieu que vous êtes. Rassemblée en ce jour de fête, vous êtes l’Eglise, présente chaque jour au cœur du monde, par votre foi, votre espérance et votre charité. Continuez votre mission. Quelque soit votre vocation de baptisé, vivez et de témoignez aux yeux du monde que le Christ est avec vous tous les jours, Noël jusqu’à la fin des temps. ». AMEN.

P. Didier SENTENAS

 


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